FiveCo réinvente la R&D sur commande
Cinq chercheurs de l’EPFL se sont regroupés pour travailler sur des projets tiers.
Formée de cinq ingénieurs de l’EPFL spécialisés en électronique, en programmation de microcontrôleurs, en mécanique de précision et d’interface homme-machine, la jeune société FiveCo est active dans l’outsourcing en Recherche & Développement (R&D). Ce qui n’est pas courant.
Les entreprises émettent souvent des doutes et des craintes face à la culture de l’outsourcing, surtout lorsqu’il s’agit d’externaliser des documents qui vont au cœur aussi sensible que celui de la recherche et du développement des produits de la société. Certaines craignent notamment d’y perdre leur savoir-faire, de donner des indications aux concurrents ou d’engager des frais importants.
« Bon nombre d’entreprises s’interrogent aussi sur l’opportunité de faire appel à des compétences externes face à la part croissante qu’a prise la technologie dans leurs produits mis aujourd’hui sur le marché », relève Antoine Lorotte, de FiveCo. Et le directeur général d’expliquer en quoi une start-up peut être intéressante. Il est souvent trop coûteux pour une entreprise de développer elle-même un produit qui n’en est encore qu’au stade de prototype. Il peut aussi s’avérer que la société ne possède pas les compétences techniques nécessaires pour réaliser son prototype.
La réalisation d’un prototype est donc un enjeu majeur et une étape décisionnelle essentielle dans le processus de mise sur le marché d’un futur produit. C’est là qu’interviennent les services fournis par des sociétés comme FiveCo ou Helbling (installée à Berne) qui proposent le développement de nouveaux concepts ou l’intégration de nouvelles technologies dans les produits d’une société. Le recours à l’outsourcing en R&D permet donc de décharger l’entreprise d’un travail fortement mobilisateur d’énergie, d’accroître sa force de frappe et de tester la fiabilité d’un projet.
« Des gens de tous bords viennent nous voir. Notre clientèle est très diversifiée. Nos prestations s’adressent autant à des entreprises qui évoluent dans l’industrie du jouet ou dans la biotechnologie qu’à des sociétés actives dans la recherche spatiale », souligne Antoine Lorotte.
Mais comment l’équipe de la start-up peut-elle être efficace dans des domaines si différents ? Les intéressés rétorquent qu’ils sont tous des diplômés de microtechnique, ce qui leur apporte un point de vue global sur un produit qui touche autant les domaines mécaniques, électroniques qu’informatiques.
Lors de l’exposition nationale, des centaines de visiteurs ont eu l’étrange surprise de se faire guider au pavillon Robotics de Neuchâtel par RoboX. Les onze robots-guides interactifs représentaient un véritable concentré de technologie. L’ensemble du projet a été réalisé par le Laboratoire de Systèmes Autonomes de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). En tout, le robot – qui a étonné par sa capacité à interagir avec les visiteurs – a pris près de 18 mois de conception et de développement, durant lesquels les futurs membres de FiveCo – une jeune start-up aujourd’hui installée dans le Parc scientifique de l’EPFL – auront mis à disposition d’Expo.02 leurs compétences en matière de micro-ingénierie.